La fiabilité des résultats de laboratoire ne dépend pas uniquement des instruments, des méthodes et des réactifs. Le choix des matériaux en contact avec l'échantillon joue également un rôle essentiel.

Le verre, les plastiques, les métaux, les joints et les raccords peuvent interagir différemment avec les échantillons. Un matériau inadapté peut libérer des substances indésirables, adsorber certains analytes ou transférer des résidus provenant d'échantillons précédents.

Qu'est-ce que la contamination en laboratoire ?

La contamination correspond à l'introduction d'une substance indésirable dans un échantillon ou une solution.

Elle peut modifier les résultats, augmenter les valeurs des blancs, altérer la pureté de l'échantillon et réduire la reproductibilité.

Ce risque est particulièrement important en HPLC, ICP, AAS, GC, spectrophotométrie et analyse de traces.

Verre ou plastique ?

Il n'existe pas de matériau universellement idéal.

Le verre borosilicaté offre une excellente résistance chimique et une faible dilatation thermique. Toutefois, certaines applications peuvent nécessiter de considérer les phénomènes de libération ionique ou d'adsorption.

Les plastiques tels que PP, PE et HDPE présentent différents profils de résistance chimique et peuvent être avantageux pour certaines applications de préparation, de transport ou de stockage.

Migration depuis le matériau

Certains composants peuvent migrer du matériau vers l'échantillon. Ce phénomène est souvent appelé leaching.

Selon leur formulation, les plastiques peuvent contenir des additifs ou des composants de faible masse moléculaire. Dans certaines analyses, le verre ou les surfaces métalliques doivent également être évalués.

Même de très faibles quantités peuvent devenir importantes en analyse de traces.

Adsorption

L'analyte peut également se fixer sur la surface du récipient.

Les protéines, biomolécules, certains composés organiques et analytes à l'état de traces peuvent être sensibles à ce phénomène.

Il faut donc considérer à la fois la migration depuis le matériau et l'adsorption sur sa surface.

Compatibilité chimique

Un matériau chimiquement incompatible peut gonfler, se fissurer ou se dégrader, générant potentiellement des particules ou des fuites.

L'ensemble des composants en contact avec le fluide doit être évalué : récipient, bouchon, joint, robinet, tuyau et raccords.

Produits à usage unique

Les embouts de pipette, tubes de centrifugation, récipients d'échantillonnage, boîtes de Petri et certains produits de filtration peuvent contribuer à réduire la contamination croisée.

Le matériau, la propreté de fabrication, l'intégrité de l'emballage, les exigences de stérilité et l'application prévue doivent néanmoins être vérifiés.

Nettoyage et résidus

Pour les équipements réutilisables, les résidus de détergent, un rinçage insuffisant ou les traces d'échantillons précédents peuvent contaminer l'analyse suivante.

La procédure de nettoyage doit donc être adaptée au matériau et à l'application.

Critères essentiels

ÉvaluationQuestion essentielle
Compatibilité chimiqueL'échantillon peut-il réagir avec le matériau ?
LeachingDes composants peuvent-ils migrer vers l'échantillon ?
AdsorptionL'analyte peut-il adhérer à la surface ?
TempératureLe matériau reste-t-il stable ?
NettoyageLes résidus peuvent-ils être éliminés efficacement ?
RéutilisationExiste-t-il un risque de contamination croisée ?
PuretéL'analyse est-elle sensible aux traces de contamination ?

Conclusion

Le contrôle de la contamination commence bien avant que l'échantillon n'arrive dans l'instrument analytique.

Du bécher utilisé pour la préparation au flacon de stockage, en passant par l'embout de pipette et le système de filtration, chaque surface en contact avec l'échantillon compte.

Une sélection adaptée des matériaux permet de réduire le risque de contamination et d'améliorer la fiabilité et la reproductibilité des résultats.